September 6 - October 5, 2019

The Mirror

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It was really warm when Félise de Conflans started working on the show « The Mirror ». First sense of « déjà-vu ». The series of paintings in the exhibition evokes the ambiguous relationship between science and nature. What controls what? What precedes what? What explains what? The artist's paintings are like tales. As in a laboratory, they each constitute the place of a story, the result of an experiment.

The microcospe is an observation tool. It’s also a portal towards the infinite world of the invisible. The paintings of Félise de Conflans are both surfaces and spaces. Their fuzzy edges, cut according to the veins of the wood of the frame, evoke a possibility of extension in size but also of stretching in the depth. In an organic way, the life who inhabits the painting, plants or animals, pushes the limits of the frame, whose form shapes their movement in return.

Everything is symbol in the painting of Félise de Conflans, encrypted language. The alchemy at work breaks the geometry of the checkerboard, puts the last plane first, turns the light bulb into a moon. In the very space of the canvas, the architecture coordinates herself. The painting is a window, the painting is a labyrinth, the painting is a door, the painting is a mirror, doubling the confusion between representation and reality.

The double of the studio as an exhibition space, the double of the characters who often come back twice in the paintings, the double world, the one that is here from which we look and the one we imagine on the other side. When we dream in front of a wallpaper, when we scroll on our phone, when we surf on the internet. Reality is made of images that contain enigmas. Words are energies. Together, they are a double that reassures us and keeps us warm.


Il faisait très chaud quand Félise de Conflans a commencé à travailler sur l’exposition « The Mirror ». Première impression de « déjà-vu ». La série de tableaux que présente l’exposition évoque la relation ambiguë entre science et nature. Quoi contrôle quoi ? Quoi précède quoi ? Quoi explique quoi ? Les peintures de l’artiste s’apparentent à des contes. Comme dans un laboratoire, elles constituent chacune le lieu d’une histoire, le résultat d’une expérience.

Le microscope est un instrument d’observation. Il est aussi un portail vers le monde infini de l’invisible. Les peintures de Félise de Conflans sont à la fois des surfaces et des espaces. Leurs bords flous, découpés selon les veines du bois du châssis, évoquent une possibilité d’extension dans la taille mais aussi d’étirement dans la profondeur. De manière organique, le vivant qui habite le tableau, plantes ou animaux, vient pousser les limites du cadre dont la forme épouse en retour le mouvement.

Tout est symbole dans la peinture de Félise de Conflans, langage crypté. L’alchimie à l’œuvre brise la géométrie du damier, fait passer le dernier plan en premier, transforme l’ampoule électrique en lune. Dans l’espace même de la toile, l’architecture s’organise. Le tableau est une fenêtre, le tableau est un labyrinthe, le tableau est une porte, le tableau est un miroir, doublant ainsi la confusion entre représentation et réalité.

Le double de l’atelier comme espace d’exposition, le double des personnages qui reviennent souvent deux fois dans les peintures, le double monde, celui qui est ici depuis lequel on regarde et celui que l’on imagine de l’autre côté. Lorsqu’on rêve devant un fond d’écran, lorsqu’on scrolle sur son téléphone, lorsqu’on traîne sur internet. Le réel est fait d’images qui renferment des énigmes. Les mots sont des énergies. Ensemble, ils sont un double qui nous rassure et nous tient chaud.


Elisa Rigoulet