Jérôme Pauchant gallery presents Rebranding Floes, a group exhibition that brings together the works, most of them created for the show, of six artists from different backgrounds.


Relying in particular on the power of storytelling and science fiction, this exhibition proposes a shift in viewpoint, a change of perspective on the possible transformations of a world in danger. The works dialogue in the gallery space as though they have ‘already lived’, thus functioning as reflections of objects of our daily life. Their ephemeral nature is confronted with that of our environment. The gallery thus offers us a new landscape where the boundaries between interior and exterior, luxury and necessity, the past and the laws of evolution, are upset.


Central to the exhibition, Aging Beauty by Dorian Gaudin plunges us into a suspended temporality. The artist is interested in how visual experience can extend to machines to create new forms ‘in quest to function’. Between set design and romantic ruin, this mechanism makes perceptible the noise of time passing, and questions our relationship to contemplation. In contrast, the Phylacteries by Justin Meekel crystallize an instant transforming it into an object. Resulting from Meekel's research around language abstractions, these ‘bubble-works’ make tangible the precise moment in which form and meaning merge. The gallery space thus becomes a place for the research of new syntaxes and unknown languages. Wagering how the possibilities of a future existence will be subjected to alternative modes of expression and representation.


Drawings replace words in the titles of Mathieu Haberard’s assemblages. His sculptures give us a glimpse of a cluster of objects and references, each of which can be appropriated to make its own narrative. Paintings by Robert Janitz become the meeting point between gesture, trail and autobiographical references: memory membranes where the negation of the picture becomes a source of the creation of a new language to decode. We find the idea of erasure and propagation in the work of Brendan Anton Jaks, who imagines pieces at the boundary between industrial fossils and scale models of a future dystopia.
His work resonates with the sculptures of Hadrien Gérenton, which are in turn nourished by metaphysical questions tinged with humor. The artist imagines a Totem on a human scale that reminds humans of their dimension and tame plants that appear ready to move in space in search of oxygen.


Playing on the complexity and the relations between presentation and representation, failure and functionality, copy and original, these artists question the way we inhabit our environment, to ‘rebrand’ it.


 


La galerie Jérôme Pauchant présente Rebranding Floes, une exposition collective qui réunit les œuvres, pour la plupart inédites, de six artistes d’horizons divers.
S’appuyant notamment sur la puissance du récit et sur la science-fiction, cette exposition (dont le titre en français signifie « repenser la banquise ») propose un déplacement du regard, un changement de perspective sur les transformations possibles d’un monde en danger.


Les œuvres présentées dialoguent dans l’espace et fonctionnent comme des reflets d’éléments de notre quotidien qui semblent avoir « déjà vécu », confrontent l’éphémérité des œuvres à celle de notre environnement. La galerie nous offre ainsi un nouveau paysage où les frontières entre le dedans et le dehors,  le luxe et la nécessité, le passé lointain et les lois de l’évolution, sont perturbées.


Élément central de l’exposition, Aging Beauty de Dorian Gaudin nous plonge dans une temporalité suspendue. L’artiste s’intéresse à la manière dont l’expérience visuelle peut s’étendre aux machines pour créer des nouvelles formes en quête de fonction. Entre élément de décor et ruine romantique, ce mécanisme rend perceptible le bruit du temps qui passe et questionne notre rapport à la contemplation. A l’opposé, les Phylactères de Justin Meekel cristallisent un instant et le transforment en objet. Résultat d’une recherche autour de l’abstraction du langage, ces « œuvres-bulle » rendent tangible le moment précis où la forme et le sens se fusionnent.
L’espace de la galerie devient ainsi un lieu activé par la recherche de syntaxes et de langues inédites, gageant que les possibilités futures d’existence seront conditionnées par des modes alternatifs d’expression et de représentation.
Le dessin se substitue à la parole dans les titres des assemblages de Mathieu Haberard. Ses sculptures nous laissent entrevoir un agglomérat d’objets et de références dont chacun peut s’approprier afin de créer sa propre narration. Les toiles de Robert Janitz deviennent le point de rencontre entre geste, trace et références autobiographiques : des membranes de mémoire où la négation de l’image devient source de création d’un nouveau langage à décoder. Nous retrouvons l’idée d’effacement et de propagation dans le travail de Brendan Anton Jaks, qui imagine des œuvres à la limite entre fossiles industriels et maquettes d’anticipation d’un futur dystopique. Son travail résonne avec les sculptures d’Hadrien Gérenton nourries, à leur tour, d’interrogations métaphysiques teintées d’humour. L’artiste imagine un totem à échelle humaine qui rappelle à l’homme sa dimension et des plantes apprivoisées qui semblent être prêtes à se déplacer dans l’espace, à la recherche d’oxygène.


Jouant sur la complexité et les relations entre présentation et représentation, échec et fonctionnalité, original et copie, ces artistes questionnent nos manières d’habiter l’environnement, pour le repenser.


Martina SABBADINI