October 14 - December 9, 2017

Good Vibrations

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Referring to The Beach Boys’ Good Vibrations (1966), Steven Cox’s new series, that bares the same title, is exhibited at Gallery Jérôme Pauchant, Paris until December 9th. The artist promises a poetic contrast and suggests the pleasant discovery of numerous textures moving in visual vibrations. Various colours appear from certain viewing angles that create a harmony in what first seemed to be only a music score. But there is more. The viewer has to go closer and move around Steven Cox’s paintings to experiment the material, depth and structure.


The process begins with the artist creating an object that produces a field of lines. Over a period of time, the artists constructed tool, similar to an adhesive trowel, creates deep vertical notches through layers of thick and malleable paint. This vertical gesture is repeated, deepening these vertical stripes. The beauty and the pictorial aesthetics are unveiled and emphasized when colours are applied and repeated within the gesture, layering upon the structured surface.


Steven Cox’s paintings demand reading on several levels. They appear to explore contrast. The works seem to be alive, though the eye has to struggle in order to divert from what is first observed. Beyond the surface, a game of perception is undertaken. At first, the paintings appear smooth and monochromatic, though they transition into a variation of colour field painting. The surface owns a materiality akin to the texture of velvet. Experimentation is dear to Steven Cox for his paintings demand constant experiencing. This visual dualism is intense, perfected by the artist’s process that took time to refine. The experience upon the eye has a more immediate effect. The artist’s gesture can overwhelm the eye and cause imbalance. Such as the stripes’ duality, everything splits into two: lines, layers, colours, and materials, inviting the effect of trompe-l’oeil.


When the illusion becomes language, the stripes send a signal depending on the viewing angle. In Good Vibrations, the optical effect and repetition refers to Op Art. However, the tribute is something else. Whilst 1960’s Op art stands out by their smooth graphic surface created using classic tools, contemporary painting here excludes the traditional process and style. Cox’s use of modified tools would not fit in the traditional process of Op Art. Steven Cox does not care for tradition and thus allows the work to exist on its own terms. The nuance exists within the simple vertical surface. Steven Cox’s paintings unveil delicateness to ones curious eye, diverting from the traditional motif and letting a visual experience happen in the viewer’s eye.


Time is needed for visualising patterns and layers. The process of creation is part of a temporality with some complexity. Visually, the contrasts unveil the exact composition of the work. But some chance stops the eye and questions movement. Sometimes, a “mistake” breaks the repeated rhythm, thus the visual effect. It sublimes the repetitive pattern and makes it human. The lines deviate and move, deepening the dimensional aspect, revealing the artist’s gesture. Good Vibrations is a link between the action experience, the moving experience, its repetition, its duration but also the viewing experience. The doubled image of Steven Cox’s paintings tease the viewer with its depth and own temporality, raising the artist’s interest for the picture’s ambiguous illusion.


Fiona VILMER


 


 


Good vibrations, 1966, les Beach Boys, écouté en studio en 2017 par Steven Cox.  
Avec Good Vibrations, l’artiste présente sa dernière série de peintures à la galerie Jérôme Pauchant. Promesse d’un contraste poétique, Steven Cox laisse à l’œil le plaisir de découvrir un jeu de textures, au rythme d’une vibration picturale. Sous certains aspects, les couleurs jaillissent et forment les accords chromatiques de ce qui ne semblait être qu’une partition. Mais tout n’est pas ce que l’on croit. Il faut s’approcher, se déplacer pour mieux expérimenter la matière, la profondeur et la structure des peintures de Steven Cox.


L’expérimentation débute par celle de l’artiste, créant l’objet lui permettant de creuser les lignes. Après une période de tests, les outils du quotidien tel que le peigne à colle, une fois détourné, lui permet grâce à ses crans, de donner un ordre à l’acrylique, épaisse mais malléable. Les rayures se répètent verticalement, au même titre que le geste créant la profondeur. Couche sur couche, l’objet transfiguré de son usage ordinaire, du banal, permet à Steven Cox d’entamer la matière. La qualité esthétique et picturale se révèle et s’accentue lorsque la couleur s’appose et se répète dans le geste, elle aussi, par couches sur la surface.


La peinture de Steven Cox requiert une lecture à plusieurs strates. Elle se veut double. L’œuvre ne semble pas s’achever et se figer. C’est à l’œil de lutter, de se détourner de ce qui est observé. Un jeu de perception est alors à entreprendre au delà de la surface. Ce qui semblait lisse et monochrome laisse place à la variation du Color Field sous son meilleur profil. La couleur contraste et métamorphose la matière picturale, jouant sur la texture presque devenue velours. Steven Cox s’attache à la notion d’expérimentation lorsque sa peinture demande une perpétuelle expérience.  Ce dualisme reprend la durée du processus ici affiné et perfectionné par l’artiste car intense et long. L’expérience pour l’œil se veut plus immédiate. Le geste de l’artiste submerge ainsi le regard et le déséquilibre. À l’image de la dualité des rayures, tout se dédouble, les lignes, les couches, les couleurs, la matière, invitant à un trompe l’œil.


Là où l’illusion devient langage, les rayures tentent a priori de faire signe selon leur perspective. Dans Good Vibrations, l’effet d’optique et sa répétition référencent l’Op art. Cependant, l’hommage ne demeure qu’apparence. Tandis que les œuvres des années 1960 se distinguent par leurs surfaces lisses et graphiques utilisant les outils classiques, la peinture contemporaine, ici, s’abstrait du processus et style traditionnel. Les outils de l’ordinaire ne trouvaient par leur place dans le parachèvement du processus créatif de l’Op art. Aussi, Steven Cox se joue de leur utilité habituelle pour permettre l’œuvre. Le piège se construit dans la surface simple et verticale de la série Good Vibrations. Les toiles de Steven Cox révèlent à l’œil curieux, une délicatesse l’éloignant de la tradition du motif pour faire naître chez le regardeur une expérience de l’ordre de la matière. 


L’œil éprouve le temps de visualisation du motif, les superpositions. Le processus créatif s’inscrit par sa temporalité dans une certaine complexité. Visuellement le contraste laisse transparaitre la structure exacte. Cependant,  une part de hasard arrête le regard, interroge le mouvement. Une « erreur » brise la répétition, rompant l’illusion d’optique.  Celle-ci sublime le rythme et le rend humain. Les rayures dévient et se déforment creusant l’aspect dimensionnel, révélant le geste, celui de l’artiste. Good vibrations unie l’expérience de l’action, celle du mouvement, de sa répétition, de sa durée mais aussi l’expérience par le regard. La double image des peintures de Steven Cox se joue de nous par sa profondeur et sa propre temporalité, relevant le goût de l’artiste sur l’ambigüité de l’illusion picturale.


Fiona VILMER