[...] Quentin Euverte belongs to the second generation of blockbusters's viewers: he was born the same year as T-1000. This means why he is made out, probably, of the same liquid metal blend. [...] However, this fictitious transcription has two major consequences. Not only it embodies the pre-digital sequence as the true mirror of our time. But it also implies that the artists are its own legitimate heirs since they are the only ones who still (as a priority) take care of materials and engines, substances and machines, textiles and tools.

This is precisely because Quentin Euverte is neither a video artist, nor a moviemaker, nor even a graphic designer, that he can make the most of these early blockbusters. Personally bearing their impact. Regularly, in his studio, he encapsulates their substance, focuses on their stakes, concentrates on their fascination. His works though is not just a simple "quoting game". Every reference fragment is deformed/re-formed here in a well-considered series of manipulations. Furthermore, most of these works do more than just exposing an object, such as it is, incorporating it within a complex showing device which offers to see (in a schematic way) its own creation process.

The work is then made altogether of two things: itself, and the syntactic machine that determines it. It is surprising to find at once such plastic intensity and semiotic make. And this is not simply that one here does not work without the other. One goes paradoxically through the other. I suggest to call concatenation that particular art that consists in condensing some signification channels until it produces (against all odds) some sensitive evidence.

This singular technique (dense, strained) is not necessarily linked to the cinema production of the 80's. And Quentin Euverte may use it soon somewhere else. However, it is obvious that it works remarkably well in this context. The best pieces exist here, in an electrical in-between, both as a sudden input of images and new sharp objects. Here is a lesson for the future. Blockbusters too can be recycled with love and compression.

Patrice Blouin (excerpts from « La Concatenation »)

 

[...] Quentin Euverte appartient à la seconde génération des spectateurs de blockbusters : il est né la même année que le T-1000. Et à ce titre il est fait sans doute du même alliage de métal liquide. [...] Or cette réécriture fantasmatique a deux conséquences capitales. Non seulement elle constitue cette séquence pré-numérique comme le miroir véritable de notre époque. Mais elle fait également des plasticiens ses héritiers légitimes puisqu'ils sont les seuls à s'occuper encore (prioritairement) des matières et des moteurs, des substances et des engins, des textiles et des ustensiles.
C'est justement ainsi parce que Quentin Euverte n'est ni un vidéaste, ni un cinéaste, ni un graphiste qu'il peut tirer parti de ces premiers blockbusters. Prendre à sa charge personnelle leur impact. Régulièrement, dans son atelier, il en condense l'esprit, en cristallise les enjeux, en concentre la fascination. Son travail ne consiste pas pour autant en un simple « jeu de citations ». Chaque fragment référentiel est ici déformé/reformé dans une série réfléchie de manipulations. Surtout la plupart de ces pièces ne se contentent pas d'exposer un objet en tant que tel mais elles l'insèrent plutôt au sein d'un dispositif complexe de monstration qui donne aussi à voir (de matière schématique) son mode même de production.
L'oeuvre est alors composée conjointement de deux choses : d'elle-même et de la machine syntaxique qui la détermine. Il est assez surprenant de trouver associées de la sorte, dans un seul travail, intensité plastique et fabrique sémiotique. Et ce n'est pas simplement que l'une ici ne marche pas sans l'autre. C'est que l'une passe paradoxalement par l'autre. Je propose d'appeler concaténation cet art particulier qui consiste à condenser des chaînes de signification jusqu'à produire (contre toute attente) de l'évidence sensible.
Cette technique singulière (dense, tendue) n'est pas nécessairement liée aux productions cinématographiques des années 80. Et Quentin Euverte l'exportera peut-être prochainement dans d'autres territoires. Il faut néanmoins constater qu'elle fonctionne de manière remarquable dans ce contexte. Les pièces les plus réussies existent ici, dans un entre-deux électrique, à la fois comme des précipités d'images et de nouveaux objets coupants. Voici donc une leçon utile à retenir pour l'avenir. On peut aussi recycler les blockbusters avec amour et compression.

 

Patrice Blouin (extraits de La Concaténation)