125 r. R. Losserand

Paris, 14

 

Curated by François-Noé Fabre, Mathieu Zurcher and Kevin Rouillard

Opening: 7 April 2017

Mon - Sat

10 - 19

http://www.r-2.fr/
contact@r-2.fr

AGORA
Galerie R-2

Une proposition du collectif 2A1. François-Noé Fabre, Mathieu Zurcher et Kevin Rouillard.

Avec le soutien de la Fondation François de Hatvany, Fondation de France et les Amis des Beaux-Arts de Paris.

With:

Martin Bachelier, Victoire Barbot, Jean-Marie Blanchet, Bianca Bondi, Stéphanie Cherpin, César Chevalier, Guillaume de Nadaï et Laura Zalewski, Christophe Doucet, François-Noé Fabre, Raphaël Fabre, Sylvie Fanchon, Dominique Figarella, Arthur Fléchard, Jacques Fournel, Pierre Fournel, Michel François, Hadrien Gérenton, Jochen Gerner, Terencio González, Matthieu Haberard, Gabrie Haberland, Hippolyte Hentgen, Luigi Honorat, Valérie Jouve, Jacques Julien, Laurent Le Deunff, Rainier Lericolais, Ramuntcho Matta, Fanette Mellier, Anita Molinero, Vincent Perrottet, Bernard Piffaretti, Philippe Apeloig, Hugues Reip, Clémence Roudil, Kevin Rouillard, Eric Tabuchi, Victoire Thierrée, Laure Tiberghien, Samuel Trenquier, Sarah Tritz, Caroline Trucco, Sophie Varin, Victor Vaysse, Sergio Verastegui, Romain Vicari, Manuel Vieillot, Frédéric Vincent, Alun Williams, Mathieu Zurcher.

 

"En constatant l'état de joyeux bordel dans lequel il avait mis ses affaires, il décida qu'il était temps de les ranger. Il y avait une quantité assez conséquente de cartons et de caisses dans le sous-sol de sa maison qui, malgré une hauteur sous plafond moyenne, offrait en réalité une superficie plutôt étendue. De multiples possibilités de réaménagement émergeaient pour lui. Il abandonna l'idée de recommencer l'éternel jeu d'empilement qui promettait une nouvelle fois la situation face à laquelle il était.
Au même moment il pensa qu'une des deux portes de son frigo était recouverte d'un ensemble hétérogène de bibelots, sûrement dû au même phénomène. En y réfléchissant, il avait investi cet espace d'une manière très structurée. Bien que minoritaires, les cartes postales dessinaient une sorte de cartographie de souvenirs, témoignages d'attentions. Certaines de celles-ci, qui étaient vierges, avaient été posées au grès des plis reçus. Elles pouvaient remplir les cases vides dans cette composition. Parmi de multiples aimants, l'un d'eux pinçait un petit sachet en plastique contenant un pin's Sixt. Sans vraiment les collectionner, il en possédait beaucoup. Certains devaient sûrement constituer un de ces maudits cartons qui occupaient le sous-sol.

Suite à ce constat, il envisagea plusieurs solutions dont l’une consistait à déplacer une partie de sa composition sur la deuxième porte du frigo. Il pensait refondre complètement son modèle d’emménagement de l'espace, un nouveau corpus d'artefacts allait prendre place.

Il savait aussi que cette entreprise consisterait à négocier entre une approche esthétique fonctionnelle et une organisation dite sensible de son butin.

Cette volonté d'améliorer son réseau traduisait la nécessité de mettre à plat un lacis saturé de collisions subjectives, dues à une problématique d'espace : il n'y en avait plus assez parce qu'il était mal utilisé. Il était convaincu que chacun de ces objets portaient en eux le résidu d'une situation à laquelle ils n'étaient pas préparés. Sa préoccupation était de remonter son fil d’Ariane, pris en tenaille par une approche résolument rationnelle, tout en en n’omettant pas certains caprices qui lui semblaient indispensables à la réussite de son projet.
"